Tout d'abord, qu'est ce que la thérapie génique ?
La thérapie génique est une méthode thérapeutique, pour l'heure expérimentale, qui repose sur une idée simple : si un gène est responsable d'une maladie, il suffit de remplacer le gène défectueux par le gène intact pour guérir la maladie. La thérapie génique utilise des gènes comme médicaments pour traiter certaines maladies génétiques ou pour modifier un comportement cellulaire. Il s’agit de transférer des gènes dans les cellules des patients afin de produire des protéines thérapeutiques spécifiques nécessaires pour combattre ou corriger les maladies visées.
Aujourd'hui, quand on parle de thérapie génique, il s'agit de la thérapie génique somatique : des gènes sont introduits exclusivement dans des cellules somatiques, c'est à dire non sexuelles.
Si l'expérience est portée sur des cellules sexuelles, il s'agit de thérapie génique germinale. Cette une technique qui n'est pas encore maîtrisée. Elle consisterait à appliquer la thérapie génique à un embryon au stade précoce ou aux cellules germinales d'un adulte (ovule ou spermatozoïdes). Le gène introduit serait alors transmis à toutes les cellules du futur individu modifiant son patrimoine génétique. Cette méthode pose des problèmes éthiques, notamment parce qu'elle touche au patrimoine héréditaire de l'homme.
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Aujourd'hui, il est possible grâce à plusieurs méthodes connues, de remplacer / ajouter un gène dans une cellule. Il en résulte la production d'une hormone spécifique choisie par la cellule en ayant modifié son génome.
Ces possibilités sont formidables comme espoir pour traiter certaines maladies d'origine génétiques actuellement incurables (voir myopathie de Duchenne par exemple).
Mais autant dire que ces possibilités n'ont pas laissées de marbre les adeptes du dopage.
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Pour ceux que cela intéresse, j'ai trouvé un pdf de Michel AUDRAN, Professeur des universités, Directeur du laboratoire de biophysique et de bioanalyse de la faculté de Pharmacie de Montpellier.
Il explique dans les détails les possibilités actuelles de la thérapie génique et les applications que pourraient avoir cette technique sur le dopage d'athlètes.
C'est très clair et très bien expliqué !
Bien que le pdf date de 2006, les possibilités présagées dans les années qui viennent sont déjà impressionnantes.
Lien: http://www.franceolympique.com/file...mentation/2006/therapie_genique_et_dopage.pdf
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Voici également un article un peu plus récent (juillet 2009). Il traite de la possibilité qu'il y ai déjà des athlètes dopés génétiquement et de l'utilisation potentielle du Repoxygen pourtant abandonné par le laboratoire en phase de test clinique.
Des athlètes génétiquement modifiés sont-ils déjà sur le podium ?
Depuis le temps qu'on l'annonce, le dopage génétique est-il devenu une réalité ? En Russie, contre 10 000 Euros, il serait aujourd'hui possible de se doper avec un médicament de thérapie génique, le Repoxygen. Mis au point en 2002 par la société Oxford Biomedica, il a été conçu pour traiter l'anémie. Mais les essais, demeurés au stade préclinique, n'ont jamais été étendus à l'homme. Sur la souris, les résultats étaient pourtant prometteurs : en injectant dans un muscle un vecteur viral porteur du gène de l'EPO muni d'un interrupteur génique, les cellules musculaires se comportaient soudain comme des cellules rénales ! Elles se mettaient à synthétiser de l'EPO dès que les concentrations en oxygène dans le sang diminuaient.
On voit bien tous les avantages que pourrait en tirer un sportif : il augmenterait le nombre de ses globules rouges sans avoir recours à des injections d'EPO régulières, simplement en passant la nuit en caisson hypoxique ou hypobare pour donner un signal de production aux cellules musculaires reprogrammées (voir le schéma).
Le Repoxygen est-il pour autant entré dans la trousse à pharmacie des tricheurs ? Aucune preuve tangible, seulement des suspicions. Pour Caroline Le Guiner, chercheuse au laboratoire de thérapie génique du CHU de Nantes, «malgré les risques encourus, puisque les essais n'ont pas été menés à terme, il est parfaitement possible que les sportifs aient bientôt recours à ce genre de technique. Nous sommes d'ailleurs en train de développer un test pour repérer l'injection de vecteurs viraux. Il devrait être au point d'ici à deux ans.»
Pourtant, de l'avis de plusieurs spécialistes, le véritable enjeu du dopage ne se situe pas dans des procédés modifiant physiquement le génome des sportifs. Et ce pour une bonne raison : la thérapie génique n'a pas encore fait la preuve de son efficacité chez l'homme. Peu d'essais ont été menés : ils concernaient tous des maladies monogéniques et n'ont pas été sans danger. Les leucémies développées par quatre des vingt enfants bulles traités en 1999 par l'équipe d'Alain Fischer et Marina Cavazzana-Calvo à l'hôpital Necker de Paris, sont là pour le rappeler. Or, les artisans du dopage n'inventent rien. Ils ne font que détourner les méthodes déjà éprouvées en médecine. Les craintes portent donc davantage sur les usages illicites qui pourraient être faits de la «pharmacopée intelligente», ainsi que la nomme Michel Rieu, conseiller scientifique à l'Association française de lutte contre le dopage (AFLD). Ces méthodes consistent à modifier l'expression de gènes d'intérêt par le biais de molécules exogènes. L'intervention se fait légèrement en aval. Il n'y a pas modification des gènes eux-mêmes, mais réorientation des voies de signalisation qu'ils codent. Cette manipulation fonctionne déjà très bien !
En tout cas chez la souris... Des molécules comme le GW1516 ou l'Aicar accélèrent le développement des fibres musculaires lentes durant l'effort, rendant l'animal deux fois plus performant. Autre cible intéressante, le gène codant pour l'enzyme PEPCK-C. En surexprimant cette protéine, des chercheurs de l'université américaine de Cleveland ont obtenu, fin 2007, une «super-souris» capable de parcourir 6 kilomètres à la vitesse de 20 m/min, alors qu'à cette allure, elle est normalement épuisée au bout de 200 mètres !
Les tricheurs pourraient également imaginer de détourner une autre technique prometteuse,, mais encore au stade expérimental, celle des ARN interférents. Cela permettrait d'inactiver l'ARN messager issu du gène de la myostatine, et d'augmenter ainsi la masse musculaire d'un individu. Autre piste encore : jouer sur l'expression du gène ACTN3 qui régule la croissance des muscles rapides, afin de donner des atouts supplémentaires à un sprinter par exemple.
L'avenir du dopage génétique est d'autant plus radieux que la liste des gènes potentiels naturels de la performance ne cesse de s'étendre. On en dénombre aujourd'hui près de 200, dans des fonctions aussi variées que le développement des fibres musculaires, une meilleure utilisation de l'énergie métabolique ou le transport plus efficace de l'oxygène. Au point que les sportifs de demain pourraient ne plus être sélectionnés uniquement sur leurs performances réelles, mais aussi sur leurs promesses génétiques !
Empiriquement, on commence déjà à s'apercevoir que les athlètes qui trustent les podiums le doivent en partie à des gènes de prédisposition. Tout l'enjeu du dopage futur consistera donc à sélectionner ces sportifs pour stimuler les gènes voulus au cas par cas.
Cette approche est d'ailleurs déjà empruntée dans certains pays : «Au Japon ou en Australie, la recherche des gènes candidats est autorisée», souligne Michel Audran de la faculté de pharmacie de Montpellier. Et des entreprises proposent des tests de détection au grand public. Chacun peut ainsi savoir s'il est doté de certains gènes de la performance. Pour moins d'une centaine d'euros, des officines privées comme l'australienne Genetic Technologies ou l'américaine Atlas Sports Genetics dépistent ainsi le gène ACT N3. Autant de diagnostics alléchants, mais qui relèvent de la fausse promesse.
Nous ne sommes pas des X-Men : un simple gène ne suffit pas à transformer un individu en athlète d'exception. Seule peut y parvenir une conjonction de plusieurs facteurs génétiques - dont la plupart restent inconnus - se retrouvant en interaction fine et intriqués dans des cascades de régulation complexes. Il est toutefois à craindre que le jour où la recherche saura dépister et analyser la carte génétique d'un champion, la face du sport en sera bouleversée.
Hervé Ratel
Source: http://www.sciencesetavenir.fr/maga...ent-modifies-sont-ils-deja-sur-le-podium.html
Note: Il y avait déjà eu en 2008, un documentaire à la télévision allemande, montrant la facilité déconcertante avec laquelle on pouvait obtenir un traitement par thérapie génique en Chine pour plusieurs milliers de dollars.
Source: http://www.aujourdhuilachine.com/ac...genetique-serait-offert-en-chine-8182.asp?1=1
Est-ce que le traitement en question est au point, c'est une autre histoire..
Voilà, bonne lecture à tous.
La thérapie génique est une méthode thérapeutique, pour l'heure expérimentale, qui repose sur une idée simple : si un gène est responsable d'une maladie, il suffit de remplacer le gène défectueux par le gène intact pour guérir la maladie. La thérapie génique utilise des gènes comme médicaments pour traiter certaines maladies génétiques ou pour modifier un comportement cellulaire. Il s’agit de transférer des gènes dans les cellules des patients afin de produire des protéines thérapeutiques spécifiques nécessaires pour combattre ou corriger les maladies visées.
Aujourd'hui, quand on parle de thérapie génique, il s'agit de la thérapie génique somatique : des gènes sont introduits exclusivement dans des cellules somatiques, c'est à dire non sexuelles.
Si l'expérience est portée sur des cellules sexuelles, il s'agit de thérapie génique germinale. Cette une technique qui n'est pas encore maîtrisée. Elle consisterait à appliquer la thérapie génique à un embryon au stade précoce ou aux cellules germinales d'un adulte (ovule ou spermatozoïdes). Le gène introduit serait alors transmis à toutes les cellules du futur individu modifiant son patrimoine génétique. Cette méthode pose des problèmes éthiques, notamment parce qu'elle touche au patrimoine héréditaire de l'homme.
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Aujourd'hui, il est possible grâce à plusieurs méthodes connues, de remplacer / ajouter un gène dans une cellule. Il en résulte la production d'une hormone spécifique choisie par la cellule en ayant modifié son génome.
Ces possibilités sont formidables comme espoir pour traiter certaines maladies d'origine génétiques actuellement incurables (voir myopathie de Duchenne par exemple).
Mais autant dire que ces possibilités n'ont pas laissées de marbre les adeptes du dopage.
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Pour ceux que cela intéresse, j'ai trouvé un pdf de Michel AUDRAN, Professeur des universités, Directeur du laboratoire de biophysique et de bioanalyse de la faculté de Pharmacie de Montpellier.
Il explique dans les détails les possibilités actuelles de la thérapie génique et les applications que pourraient avoir cette technique sur le dopage d'athlètes.
C'est très clair et très bien expliqué !
Bien que le pdf date de 2006, les possibilités présagées dans les années qui viennent sont déjà impressionnantes.
Lien: http://www.franceolympique.com/file...mentation/2006/therapie_genique_et_dopage.pdf
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Voici également un article un peu plus récent (juillet 2009). Il traite de la possibilité qu'il y ai déjà des athlètes dopés génétiquement et de l'utilisation potentielle du Repoxygen pourtant abandonné par le laboratoire en phase de test clinique.
Des athlètes génétiquement modifiés sont-ils déjà sur le podium ?
Depuis le temps qu'on l'annonce, le dopage génétique est-il devenu une réalité ? En Russie, contre 10 000 Euros, il serait aujourd'hui possible de se doper avec un médicament de thérapie génique, le Repoxygen. Mis au point en 2002 par la société Oxford Biomedica, il a été conçu pour traiter l'anémie. Mais les essais, demeurés au stade préclinique, n'ont jamais été étendus à l'homme. Sur la souris, les résultats étaient pourtant prometteurs : en injectant dans un muscle un vecteur viral porteur du gène de l'EPO muni d'un interrupteur génique, les cellules musculaires se comportaient soudain comme des cellules rénales ! Elles se mettaient à synthétiser de l'EPO dès que les concentrations en oxygène dans le sang diminuaient.
On voit bien tous les avantages que pourrait en tirer un sportif : il augmenterait le nombre de ses globules rouges sans avoir recours à des injections d'EPO régulières, simplement en passant la nuit en caisson hypoxique ou hypobare pour donner un signal de production aux cellules musculaires reprogrammées (voir le schéma).
Le Repoxygen est-il pour autant entré dans la trousse à pharmacie des tricheurs ? Aucune preuve tangible, seulement des suspicions. Pour Caroline Le Guiner, chercheuse au laboratoire de thérapie génique du CHU de Nantes, «malgré les risques encourus, puisque les essais n'ont pas été menés à terme, il est parfaitement possible que les sportifs aient bientôt recours à ce genre de technique. Nous sommes d'ailleurs en train de développer un test pour repérer l'injection de vecteurs viraux. Il devrait être au point d'ici à deux ans.»
Pourtant, de l'avis de plusieurs spécialistes, le véritable enjeu du dopage ne se situe pas dans des procédés modifiant physiquement le génome des sportifs. Et ce pour une bonne raison : la thérapie génique n'a pas encore fait la preuve de son efficacité chez l'homme. Peu d'essais ont été menés : ils concernaient tous des maladies monogéniques et n'ont pas été sans danger. Les leucémies développées par quatre des vingt enfants bulles traités en 1999 par l'équipe d'Alain Fischer et Marina Cavazzana-Calvo à l'hôpital Necker de Paris, sont là pour le rappeler. Or, les artisans du dopage n'inventent rien. Ils ne font que détourner les méthodes déjà éprouvées en médecine. Les craintes portent donc davantage sur les usages illicites qui pourraient être faits de la «pharmacopée intelligente», ainsi que la nomme Michel Rieu, conseiller scientifique à l'Association française de lutte contre le dopage (AFLD). Ces méthodes consistent à modifier l'expression de gènes d'intérêt par le biais de molécules exogènes. L'intervention se fait légèrement en aval. Il n'y a pas modification des gènes eux-mêmes, mais réorientation des voies de signalisation qu'ils codent. Cette manipulation fonctionne déjà très bien !
En tout cas chez la souris... Des molécules comme le GW1516 ou l'Aicar accélèrent le développement des fibres musculaires lentes durant l'effort, rendant l'animal deux fois plus performant. Autre cible intéressante, le gène codant pour l'enzyme PEPCK-C. En surexprimant cette protéine, des chercheurs de l'université américaine de Cleveland ont obtenu, fin 2007, une «super-souris» capable de parcourir 6 kilomètres à la vitesse de 20 m/min, alors qu'à cette allure, elle est normalement épuisée au bout de 200 mètres !
Les tricheurs pourraient également imaginer de détourner une autre technique prometteuse,, mais encore au stade expérimental, celle des ARN interférents. Cela permettrait d'inactiver l'ARN messager issu du gène de la myostatine, et d'augmenter ainsi la masse musculaire d'un individu. Autre piste encore : jouer sur l'expression du gène ACTN3 qui régule la croissance des muscles rapides, afin de donner des atouts supplémentaires à un sprinter par exemple.
L'avenir du dopage génétique est d'autant plus radieux que la liste des gènes potentiels naturels de la performance ne cesse de s'étendre. On en dénombre aujourd'hui près de 200, dans des fonctions aussi variées que le développement des fibres musculaires, une meilleure utilisation de l'énergie métabolique ou le transport plus efficace de l'oxygène. Au point que les sportifs de demain pourraient ne plus être sélectionnés uniquement sur leurs performances réelles, mais aussi sur leurs promesses génétiques !
Empiriquement, on commence déjà à s'apercevoir que les athlètes qui trustent les podiums le doivent en partie à des gènes de prédisposition. Tout l'enjeu du dopage futur consistera donc à sélectionner ces sportifs pour stimuler les gènes voulus au cas par cas.
Cette approche est d'ailleurs déjà empruntée dans certains pays : «Au Japon ou en Australie, la recherche des gènes candidats est autorisée», souligne Michel Audran de la faculté de pharmacie de Montpellier. Et des entreprises proposent des tests de détection au grand public. Chacun peut ainsi savoir s'il est doté de certains gènes de la performance. Pour moins d'une centaine d'euros, des officines privées comme l'australienne Genetic Technologies ou l'américaine Atlas Sports Genetics dépistent ainsi le gène ACT N3. Autant de diagnostics alléchants, mais qui relèvent de la fausse promesse.
Nous ne sommes pas des X-Men : un simple gène ne suffit pas à transformer un individu en athlète d'exception. Seule peut y parvenir une conjonction de plusieurs facteurs génétiques - dont la plupart restent inconnus - se retrouvant en interaction fine et intriqués dans des cascades de régulation complexes. Il est toutefois à craindre que le jour où la recherche saura dépister et analyser la carte génétique d'un champion, la face du sport en sera bouleversée.
Hervé Ratel
Source: http://www.sciencesetavenir.fr/maga...ent-modifies-sont-ils-deja-sur-le-podium.html
Note: Il y avait déjà eu en 2008, un documentaire à la télévision allemande, montrant la facilité déconcertante avec laquelle on pouvait obtenir un traitement par thérapie génique en Chine pour plusieurs milliers de dollars.
Source: http://www.aujourdhuilachine.com/ac...genetique-serait-offert-en-chine-8182.asp?1=1
Est-ce que le traitement en question est au point, c'est une autre histoire..
Voilà, bonne lecture à tous.
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