Re : Compléments alimentaires ou médicaments : qui est le plus dangereux ?
Bonjour maxence74,
J'ai utilisé toutes les données disponibles à l'heure actuelle. Si vous avez d'autres informations à communiquer pour étoffer l'article, n'hésitez pas.
L'idée consistait simplement à comparer la dangerosité. Sachant que les données concernent l'ensemble des Etats-Unis, il est raisonnable de penser que dans l'ensemble des personnes, il y en a bien eu qui ont pris des "cuillères de créatine" ou des méga-doses de vitamines. Notamment parce que les données incluent tous les types d'intoxications, y compris les tentatives de suicides.
En conclusion, pour se suicider avec de la créatine ou de la vitamine C, il faut beaucoup de volonté...
On est sur des statistiques brutes, une sorte d'embryon de constat de l'état des lieux. La FDA devra investir plus avant pour déterminer exactement le champ et l'action de telle ou telle plante ou molécule, en sachant que dans la bataille de la compétitivité, les fabricants n'hésitent pas à utiliser des matières non contrôlées bactériologiquement, et aux origines parfois douteuses.
Il faut bien avouer que, aux USA, tout le monde a fermé les yeux, y compris la FDA.
La toxicologie étant une science en évolution constante, il y a toujours un effet retard, entre la mise sur le marché d'une plante ou d'une molécule avec des études de sécurité et d'efficacité très insuffisantes, la balance coût de la qualité/rendement penchant plutôt du côté du profit immédiat ( et rapide), et l'on se base plus sur le constat humain que sur le travail en éprouvette.
Après tout, le temps n'est pas loin où des apothicaires et des camelots vendaient des lotions, des potions et des onguents dont ils n'avaient testés que peu ou prou l'efficacité et l'inocuité.
Pour le paracétamol, il est effectivement toxique à hautes doses, non seulement pour le foie, mais aussi pour les reins sur lesquels il a un plus grand impact.
Il faut bien garder en mémoire qu'il n'y a aucune substance active qui soit exempte de prise de risques, que ce soit une plante, un élément naturel, de nutrition, environnemental, ou un élément de synthèse.
C'est bien l'usage et l'abus au delà de ce qui est tolérable qui rend un élément non toxique ou peu toxique, toxique.
Le paracetamol en fait partie. Mais l'ensemble des "médicaments" à disposition sur le marché présente un facteur de risque, très souvent carcinogène.
Mais que reste-t-il alors ? Il est question de retirer le tramadol très prochainement. La douleur étant la principale source de traitement et de bénéfices, doit-on se tourner vers l'aspirine ? L'ibuprofène ? On commence à utiliser les AINS pour soulager des douleurs modérées à fortes, type migraines, avec le kétoprofène, en connaissant les effets secondaires non négligeables des AINS. Mais que seront les impacts dans dix ans ? Quels sont le seuils tolérables ?
Et il y a aussi la politique sanitaire. En France, on va conseiller pour une forte migraine 200/400mg d'ibuprofène en une prise, en Espagne, 1200mg sont tolérés et tuent la douleur. Qu'est-il préférable ? Traiter radicalement une douleur ? Ou accoutumer l'organisme à un faible dosage qui deviendra une accoutumance ? Voire un usage constant, additif, tout comme n'importe quelle drogue, terme désignant anciennement un médicament...
Donc il faut bien comprendre que tout reste relatif, en évolution, que ce soit la mise sur le marché du DMAA, ou d'une vitamine C naturelle à base de petite cerise des Antilles, du paracétamol, un antiviral, de l'interféron, etc.