Re : Ca y est ! La France perd...
Pour rappel :
Des conséquences pour le budget de l'État
Une éventuelle dégradation de la note pourrait faire grimper les taux d'intérêt payés par l'État français quand il s'endette, et donc alourdir la charge de la dette dans le budget. Pour tenir l'objectif de déficit, il faudrait alors faire des économies supplémentaires ou augmenter les impôts. Le projet de budget de l'État a été bâti en prenant l'hypothèse que le taux d'intérêt à dix ans sur les emprunts d'État serait de 3,7%. Or aujourd'hui, ce taux est de 3,2%. Ce n'est que si le taux à dix ans dépassait les 3,7% qu'il faudrait réévaluer la charge de la dette pour l'État, prévue à 48,8 milliards en 2012. Sachant que toute hausse de 1 point des taux (de 3,7% à 4,7%, par exemple) augmente à terme et progressivement de 2 milliards par an la charge de la dette.
L'État devra-t-il voler au secours des banques françaises, comme en 2008? Pour S&P, la crise récente a augmenté la probabilité d'une telle intervention, qui aurait pour conséquence de fragiliser les finances publiques françaises, sous le poids notamment de garanties additionnelles comme dans le cas de Dexia.
L'enjeu est considérable: la dette externe de BNP Paribas, du Crédit agricole, de la Société générale et d'autres banques représente 104% du PIB de la France en 2011, dont 60% sont financés à court terme. Autant de capitaux que les banques vont devoir trouver en 2012, sur fond de marchés de liquidités en panne, s'inquiète l'agence américaine. Cependant, si cette dernière reconnaît que les banques françaises consentent des efforts massifs pour réduire leurs besoins de financement, elle fait fi du rôle clé joué par la BCE afin d'assurer la liquidité du système financier européen. Un rôle appelé à se renforcer ces jours-ci.
De la même façon, si la perte du triple A devait renchérir le coût du "CDS" (Credit Default Swap) de la France – ces assurances que souscrivent les créanciers d'un Etat ou d'une entreprise, pour se protéger contre le risque de défaut –, certaines banques centrales, hors de la zone euro, pourraient être tentées d'alléger leurs investissements en obligations françaises.
Surtout, le retrait du triple A provoquerait des dégradations de notes en cascade pour tous les organismes publics dits "subsouverains" : collectivités territoriales, entreprises ayant l'Etat à leur capital et entreprises bénéficiant de la garantie implicite de l'Etat. "Le triple A protège l'économie française. Il ne faut pas minimiser l'impact de son éventuelle perte", déclare l'économiste Christian Saint-Etienne.
En France, les grands émetteurs de dettes, que sont la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades), l'Unedic ou Réseau ferré de France (RFF), tous notés AAA, verraient sans doute, comme toutes les agences publiques garanties par l'Etat, leur note de qualité de crédit abaissée. Cela renchérirait leurs coûts de financement, au détriment de leur situation financière.
Ce serait aussi le cas de La Poste ou de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), puissant soutien financier des politiques publiques (logement, rénovation urbaine, etc.) et, dans le contexte de crise, pivot pour des opérations de sauvetage d'établissements en difficultés.
Dans le domaine fiscal, les prélèvements ont déjà augmenté d'une vingtaine de milliards d'euros cette année et augmenteront encore de 20 milliards supplémentaires en 2012, avant une dizaine de milliards de plus en 2013. 20 + 20 + 10 = 50. D'ici à la fin de l'année 2013, la France subira, avec 50 milliards d'euros de plus en trois ans, la hausse d'impôts la plus importante jamais enregistrée depuis la création de la Ve République.
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