Re : grosse tendinite à l'épaule
Voici un lien vers une breve analyse qui explique le traitement des tendinopathies par injection de sang autologue :
http://www.christian-gal.net/congres2009/TRAITEMENTDESTENDINOPATHIES.pdf
Je fais un copier-coller au cas où le lien ne marche plus. ( je referai peut être vite fait la mise en forme quand j'aurai un instant si ca vous semble trop peu lisible mais de toute façon il suffit d'aller sur le lien , ça y est plus lisible )
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TRAITEMENT DES TENDINOPATHIES
PAR INJECTION DE SANG AUTOLOGUE
Dr Olivier FICHEZ Centre de Médecine Rhumatologie et
Traumatologie du Sport
Le Saint-Louis - Place Pierre Coullet – 83700 SAINT-RAPHAEL
RAPPEL DE LA NOTION D’UNITÉ FONCTIONNELLE TENO-OSSEUSE A LA
LUMIÈRE DE L’ÉPICONDYLE
Cette notion d’unité fonctionnelle téno-osseuse met en jeu deux acteurs
1) Le tendon commun des épicondyliens
2) L’insertion osseuse corticale
Ceci suppose en corollaire
- Des lésions propres au tendon
- D’un point de vue macroscopique ces lésions tendineuses ont été référenciées en
quatre stades par le Huston Sport Association selon qu’il existe un infiltrat
oedémateux ou une avulsion totale de l’extenseur radiali carpi brevis avec
déchirure capsulaire et rétraction.
٠ d’un point de vue histologique Neersh a décrit un infiltrat de muco poly
saccarides, une réaction fibroblastique ainsi qu’une prolifération vasculaire au
pourtour du collagène qu’il a définit sous le terme de prolifération angio
fibroblastique sans que l’on ne retrouve jamais de cellularité inflammatoire.
Ceci correspond à une tentative de cicatrisation d’une lésion mécanique.
- De lésions propres à la corticale osseuse
et DUPONT, un auteur belge, a décrit l’existence de micro fractures au niveau de
la corticale osseuse, ces hiatus osseux étant probablement le lit des formes
chroniques évoluant vers des micro pseudarthroses.
D’OÙ VIENT L’IDÉE DE L’INJECTION DE SANG AUTOLOGUE
Ceci repose sur un travail américain d’EDWARDS et de CALANDRIULIO dans le Journal
of Hand Surgery en 2003. Ces auteurs considèrent qu’une grande partie du traitement
médical actuel repose sur une maîtrise de l’inflammation en contradiction avec les
travaux de Neersh qui ont montré qu’il n’y avait pas de manifestation inflammatoire mais
une prolifération angio fibroblastique qui n’était ni plus ni moins qu’une tentative de
cicatrisation du tissu osseux.
L’idée a alors germé de prélever du sang autologue au niveau de l’avant bras que l’on
réinjecte immédiatement au niveau de l’insertion du tendon.
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L’ambition est donc de provoquer une cascade humorale et cellulaire susceptible de
favoriser la cicatrisation de cette agression mécanique de l’enthèse.
PRINCIPE THÉORIQUE
Le tendon n’échappe pas au principe général de tout tissu vivant soumis à un équilibre
dynamique entre anabolisme et catabolisme.
- Les facteurs cataboliques résultent après une agression mécanique de la
libération de cytoquine, de TNF alpha, d’interleukine 1, d’interleukine 6…
- Les facteurs anaboliques tentent toujours une réparation tissulaire : l’IGF
présent à la phase inflammatoire favorise la prolifération du fibroblaste, le TGF
bêta stimule la prolifération cellulaire et la synthèse de collagène, le fibroblaste,
grow factor (FGF) stimule l’angiogénèse lors de tout processus de cicatrisation,
le PDGF stimule la production d’autres facteurs de croissance et de protéine, le
VEGF sécrété durant la phase proliférative stimule l’angiogénèse…
Le sang est le vecteur de ces différents facteurs.
On sait que les facteurs de croissance sont en partie véhiculés par les concentrés
plasmatiques et concentrés plaquettaires.
Un travail in vitro a montré une efficacité de l’action du TGF bêta émis par les
fibroblastes dans la production de collagène de type 1 intra tendineux.
Mais il existe de nombreuses inconnues et beaucoup de choses demandent encore à être
élucidées, le sang pouvant recruter des cellules de la moelle osseuse voire majorer la
micro circulation locale.
RÉSULTAT DE L’ÉTUDE EDWARDS CALENDRIULIO
Ces auteurs ont repris 28 épicondylites chroniques évoluant depuis plus de un an ayant
bénéficié de multiples traitements rééducatifs, bracelet, infiltration, dont 8 ayant
bénéficié de multiples infiltrations.
Le protocole reposait sur la prise de 2 cc de sang autologue au tiers inférieur de l’avant
bras, réinjecté immédiatement avec 1 cc de Marcaïne au niveau des tendons communs
des épicondyliens.
L’évaluation s’est faite sur une échelle visuelle de la douleur de 1 à 10 ainsi que sur un
test de Neersh (évaluation de l’activité sportive) avec une cotation de 1 à 7.
L’évaluation s’est faite à 9.5 mois en moyenne avec des extrêmes de 6 à 24 mois
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Résultat après une injection
Début d’étude Fin d’étude
EVA 7.8 2.3
Test de Neersh 6.5 2
Dans cette étude, 9 patients ont bénéficié de deux injections de sang autologue dans
l’ERCB, 4 patients sur ces 9 avaient reçus 2 ou plusieurs infiltrations de corticoïde.
Résultat après deux injections
Début d’étude Fin d’étude
EVA 7.2 0.9
Test de Neersh 6.6 0.9
Deux patients ont bénéficié de 3 injections de sang autologue dans l’ERCB, 1 a reçu 3
infiltrations de corticoïde, l’autre 10 infiltrations.
Résultat après trois injections
Début d’étude Fin d’étude
EVA 7.6 0
Test de Neersh 6.6 0
Globalement, après injection de sang autologue, 22 patients qui se trouvaient en échec
du traitement médical, soit 79 % du total étaient complètement libérés de toute douleur
lors des activités contraignantes (sport compris), 14 après une seule injection, 6 après
deux injections et 2 après 3 injections.
Il n’y a pas eu de iatrogénie notable dans cette étude hormis des douleurs pendant les
24 premières heures.
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NOUS AVONS REPRIS DURANT 2006-2007 29 PATIENTS DONT 27 EXPLOITABLES
(RECUL DE 3 MOIS NECESSAIRE).
27 patients (31 coudes) présentaient un âge moyen de 47.9 ans avec une épicondylite ou
une épitrochléite rebelle depuis plus de 6 mois, ayant bénéficié d’une ou de plusieurs
infiltrations.
Les sports pratiqués étaient le tennis pour 9 dont 2 professeurs, 8 golfeurs, 2
pratiquant le VTT, 1 lanceuse de disque internationale, 1 joueuse de badminton, 1 skieur
alpin et 5 sédentaires.
La prise de sang autologue s’est faite au coude et nous n’avons pas injecté
d’anesthésique en association.
L’évaluation s’est faite à 3 mois.
20 coudes ont eu une injection, 10 coudes ont eu 2 injections et 1 coude a eu 3
injections.
L’évaluation reposait sur 4 items : échelle visuelle de la douleur de 0 à 10, douleur
palpatoire de 0 à 10, douleur au test isométrique des épicondyliens ou des épitrochléens
de 0 à 10, douleur lors du grip de 0 à 10.
Résultats avec un recul moyen de trois mois
Début d’étude Fin d’étude
EVA 7.41 1.50
Douleur à la pression 8.36 1.80
Douleur au test isométrique 8.37 1.93
Douleur au grip 7.60 1.0
Tous ont repris le sport et aucun n’a été opéré.
INJECTION DE SANG AUTOLOGUE SUR D’AUTRES TENDONS
Ceci a bénéficié d’un travail personnel entre les années 2006 et 2008 actuellement en
cours reposant les tendons d’Achille, les tendons rotuliens ainsi que l’aponévrosite
plantaire.
Le protocole était identique mais concernant le système extenseur du genou, décharge
de 14 jours avec deux cannes anglaises, puis appui une canne, lâchée progressivement
entre la 2ème et la 4ème semaine et reprise d’entraînement à 6 semaines.
Concernant le tendon d’Achille, la chausse orthopédique avec dénivelé antéro-postérieur
de 6 cm pendant 14 jours, puis dégressif 14 jours, puis reprise progressive de
l’entraînement à 6 semaines.
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Concernant l’aponévrosite, décharge par deux cannes 14 jours, reprise d’appui les 14
jours suivants et entraînement à 6 semaines.
Tous étaient en discussion médico-chirurgicale.
TENDINOPATHIE DU SYSTEME EXTENSEUR DU GENOU
12 patients dont 14 genoux comprenant 12 tendons rotuliens et 2 tendons quadricipitaux
ont bénéficié de cette technique.
L’âge moyen était de 32 ans, 8 hommes, 4 femmes, 8 professionnels dont 7 compétitions
professionnelles, 6 de niveau international dont 5 nationalités différentes.
4 sportifs amateurs de bon niveau dont 1 de plus de 50 ans pratiquant le trek.
EVALUATION
Début d’étude Fin d’étude
EVA 8.35 1.57
Douleur à la pression 8.64 1.92
Test isométrique 7.53 0.64
Il y a eu dans cette étude 3 échecs après une amélioration transitoire nette, reprise de
la douleur lors de la reprise de compétition (2 internationaux volley et 1 footballeur
professionnel opérés dont 1 présentait initialement une rupture partielle du bord médian
du tendon quadricipital).
CONCERNANT LE TENDON D’ACHILLE
4 patients dont 2 ruptures partielles dont 1 à la jonction téno calcanéenne survenue lors
de la remise en situation sur le terrain d’une rupture totale opérée chez un sportif
professionnel.
3 hommes, 1 femme, âge moyen 36 ans dont 1 de 67 ans.
2 sportifs professionnels handball et athlétisme, 2 sportifs amateurs, 1 marathonien et
1 jogger.
RÉSULTAT
Début d’étude Fin d’étude
EVA 7.75 0
Douleur à la pression 9 0.75
Test isométrique 6 0
6
Concernant les 2 sportifs professionnels, le 1er a repris le hand en D1 et le 2ème a battu
tous ses records en athlétisme.
Concernant l’aponévrosite plantaire
3 patients, 2 hommes et 1 femme, âge moyen 40 ans dont 1 de 67 ans.
3 sportifs amateurs, 1 joggeuse (50 km/semaine), 1 footballeur de loisir sur terrain
synthétique et 1 randonneur.
RÉSULTAT
Début d’étude Fin d’étude
EVA 7.7 0.5
Douleur à la pression 8.7 0.7
Test isométrique 4.5 0
QU’EN EST-IL DES CONCENTRÉS PLAQUETTAIRES
Cette technique repose sur une prise de 30 cc de sang que l’on va centrifuger à 2 600
tours/mn pendant 15 mn avec récupération du concentré plaquettaire que l’on réinjecte
dans la lésion tendineuse.
Le principe repose sur une tentative d’augmentation de la concentration des facteurs de
croissance plaquettaire afin de favoriser la cicatrisation du collagène de la lésion
tendineuse.
Alan MISHRA dans l’American Journal Sport Medecine en 2006 a repris 140
épicondylites traitées selon un protocole standards parmi lesquels 20 gardent une
douleur significative avec une EVA à 8.2/10 à 15 mois, tous ces patients étant alors
considérés comme potentiellement chirurgicaux.
Parmi ces 20, 15 ont bénéficié d’une injection de concentré plaquettaire versus 5 d’une
injection de Bivucaïne.
Les résultats de cette étude montrent qu’à 8 semaines 60 % du groupe concentré
améliorent leur EVA versus 16 % du groupe Bivucaïne.
Par la suite, seuls les 15 concentrés plaquettaires ont été suivis avec à 6 mois 80 %
d’amélioration de l’EVA de manière significative et au final à 25 mois 93 % ont diminué
de manière significative cette douleur sur l’échelle visuelle.
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QUELS SONT LES ARGUMENTS EN FAVEUR DE L’UNE ET L’AUTRE TECHNIQUE
1) Sang autologue
٠ en faveur du sang :
La facilité de la technique sans aucune manipulation, ni centrifugation
La sécurité de la technique et sa rapidité
La possibilité de refaire 1 ou 2 injections supplémentaires sans grever le coût
Le coût : gratuité de la technique
Pas de modification de l’ostéogénèse et de la chondrogenèse à la différence du
PRP.
٠ en défaveur du sang :
Probablement moins de facteur de croissance mais quid du reste ??
2) Concentré plaquettaire
٠ en faveur du concentré :
Le concentré plasmatique d’une prise de 30 cc de sang amenant une quantité plus
importante de concentré plaquettaire et donc de facteur de croissance
Leur utilisation en chirurgie stomatologique
٠ en défaveur du concentré :
La complexité de la technique nécessitant d’acquérir centrifugeuse et kit stériles
La manipulation sanguine augmentant le risque infectieux ?
Le risque thrombo embolique par libération de facteurs prothrombiques ? ?
Le temps : 1/2h de plus pour centrifugation et récupération du concentré sur le
surnageant
Le coût : 250.00 € environ pour les kits stériles non remboursés versus 0 € pour
la prise de sang autologue.
L’étude randomisée sang versus concentré plaquettaire reste à faire.
Reste posée une question non négligeable dans l’esprit de certains, à savoir la
considération ou non d’une situation de dopage.
L’ambigüité repose bien évidemment sur les utilisations de sang autologue par
transfusion pratiquée pour augmenter le transport d’oxygène dans les sports
d’endurance.
La situation est ici complètement différente
- Il s’agit d’une blessure avérée en discussion médico-chirurgicale
- Il s’agit d’une prise de sang mais d’une réinjection en intra tendineux sans aucune
transfusion
- En aucun cas ceci réalise une augmentation des performances mais de ramener à
une situation de normalité nonobstant toute potentialité de performance par
rapport à cette même normalité.
8
- La finalité de cette technique est de ramener sur le terrain un sujet blessé avec
une lésion tendineuse potentiellement chirurgicale
- Si on pousse le bouchon un peu plus loin il s’agit même d’antidopage puisqu’on hôte
à la circulation générale quelques cc de sang pour les injecter sur le site de la
blessure et à qui l’idée saugrenue viendrait-il d’aller se faire une injection en
intra tendineux avant une compétition !!! ce d’autant que nous exigeons un arrêt
sportif strict de 6 semaines post infiltration .
Source : TRAITEMENT DES TENDINOPATHIES
PAR INJECTION DE SANG AUTOLOGUE
Dr Olivier FICHEZ Centre de Médecine Rhumatologie et
Traumatologie du Sport
Le Saint-Louis - Place Pierre Coullet – 83700 SAINT-RAPHAEL
J'espere ne pas faire de doublon !